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JIREC 2026 :  le cas du cycle du carbone au collège

Article écrit par Anne-Sophie RODRIGUES, lycée Paul Constans (Montluçon)

Les Journées de l’Innovation et de la Recherche pour l’Enseignement de la Chimie (JIREC) 2026 ont eu lieu du 27 au 30 janvier. Elles ont abordé un thème d’actualité majeur : Chimie, Transition écologique et Développement soutenable.

Afin d’outiller les élèves et étudiants pour qu’ils puissent comprendre ces enjeux et y contribuer activement, l’approche de ces journées s’est inscrite dans une démarche globale visant à adapter l’enseignement aux défis environnementaux pressants.

Ce séminaire a proposé des conférences animées par des experts, des ateliers interactifs, des tables rondes, des communications orales telles que celle présentée ci-après.

Vers un enseignement codisciplinaire de la chimie :  le cas du cycle du carbone au collège
Marie Sudriès, David Cross et Florence Ligozat – Université de Genève et LIRDEF, Université de Montpellier.

Marie Sudriès a présenté les résultats de ses études de didactique : en lien avec David Cross et Florence Ligozat, une première étude1,2 lui avait permis de  constater que l’enseignement de la chimie, de par les contenus des programmes et les ressources disponibles, reste centré sur la transmission de savoirs conceptuels, malgré des recommandations générales qui incitent à transmettre une culture scientifique et technique, et notamment à travailler sur des questions environnementales. Ce mode de fonctionnement s’avère différent de ce qui peut se faire en SVT.

Elle a alors choisi d’étudier les conditions d’adaptation de l’enseignement de la transformation chimique en quatrième, dans le cas de l’introduction du cycle du carbone, pour aborder en classe de chimie la question de l’origine anthropique du réchauffement climatique3.

Elle a travaillé avec un enseignant suisse, de formation bi-disciplinaire biologie/physique, et des enseignant.e.s français.es de physique-chimie en collège. Ses recherches se sont déroulées en plusieurs étapes :  dans un premier temps, elle a observé les pratiques ‘ordinaires’ des enseignant.e.s de chimie à propos du concept de transformation chimique. Puis elle leur a proposé de modifier leur séquence, en la basant sur le cycle du carbone, qui n’est pas habituellement traité en classe de chimie, mais plutôt en SVT.

Une représentation du cycle du carbone est fournie :

La chercheuse a laissé aux enseignant.e.s la liberté d’insérer ce document où bon leur semble dans leur séquence. L’objectif est de voir comment les enseignant.e.s parviennent à faire le lien en classe entre :

  • Les expériences de combustion, leur interprétation des phénomènes en termes de transformations chimiques, au travers des modèles moléculaires et de réactions chimiques
  • Et la production anthropique de dioxyde de carbone gazeux dans l’atmosphère, à l’origine du réchauffement climatique.

En d’autres termes : comment ils articulent l’introduction de savoirs théoriques, et leur application dans l’étude d’enjeux relatifs aux conséquences des activités humaines sur l’environnement ?

L’étude des chercheurs a montré des modifications des séquences d’enseignement, dans le sens d’une mobilisation du concept spécifique vers l’étude de la question complexe posée par le cycle du carbone : l’origine anthropique du réchauffement climatique. Dans les différents cas, les enseignant.e.s ont choisi de commencer par introduire les concepts théoriques (modélisation des phénomènes via le modèle microscopique de la réaction chimique), avant de les appliquer à la compréhension des conséquences des activités humaines sur l’environnement.

Les résultats amènent à l’hypothèse suivante : la définition des concepts serait un préalable indispensable à leur application pour l’étude de questions plus globales, demandant une approche complexe.

Ils mettent également en évidence la persistance d’une tension entre :
– enseignement de savoirs conceptuels, nécessaires à la formation de la relève scientifique,
– et transmission d’une culture scientifique et technique utile à la formation des citoyen.ne.s. ;
tension renforcée par le manque de ressources disponibles pour l’enseignement de questions complexes en classe de chimie au niveau étudié.

Ces journées de formation se sont avérées être inspirantes, et ont permis d’engager des réflexions sur l’avenir de l’enseignement de la chimie, dans un monde où les défis environnementaux sont de plus en plus prégnants.

Un grand merci aux organisateur.ice.s et aux intervenant.e.s pour la richesse de leurs présentations.

En attendant la prochaine édition, en 2028, à Vichy !

 Bibliographie :

1 : Sudriès, M., et Cross, D.(2024). Pratiques déclarées d’enseignants et d’enseignantes de chimie sur l’enseignement des problèmes environnementaux au cycle 4. RDST. Recherches en didactique des sciences et des technologies, (29), Article 29. https://doi.org/10.4000/130c2

2 : Sudriès, M., Ligozat, F., et Cross, D.(2023).  Les enjeux de l’enseignement-apprentissage de la transformation chimique au secondaire I : regards croisés sur les prescriptions officielles et ressources formelles en Suisse romande et en France. Revue suisse des sciences de l’éducation, 45(1), 64-82. https://doi.org/10.24452/sjer.45.1.6

3 : SUDRIES, Marie, LIGOZAT, Florence, CROSS, David. Enseigner la transformation chimique via le cycle du carbone pour entrer dans la culture scientifique et technique au secondaire I. In: Les didactiques face à l’évolution des curriculums. Savoir(s) et pratiques pour entrer dans la complexité du monde. Actes du 6ème Colloque international de l’ARCD (vol. 3). Y. Buyck, M. Sudriès, F. Ligozat & C. Marlot (Ed.). Genève. Genève : Université de Genève, 2024. p. 117–133. https://archive-ouverte.unige.ch/unige:178315